Aller au contenu
La méthode DISCmode d’emploiLes verbesUn besoin de formation ? Parlons-en.

Déployer

Comment utiliser la méthode DISC en entreprise ?

Paru le · 5 min de lecture

Une clé engagée dans une serrure à cylindre

Le principe de la méthode DISC se comprend vite : quatre styles de comportement, Dominance, Influence, Stabilité et Conformité, organisés selon deux axes, le rythme et l’orientation vers les tâches ou vers les personnes. La déployer dans une entreprise demande davantage de soin. Mal introduite, elle devient une affaire d’étiquettes ou un gadget oublié au bout d’un mois ; bien cadrée, elle améliore durablement la façon dont une équipe se parle.

Ce guide suit l’ordre d’un vrai projet : choisir le bon moment, dérouler les étapes, éviter les pièges, puis appliquer la méthode à la vente.

Une méthode simple à mettre en œuvre, à condition de la cadrer

Son principe tient en une phrase : s’adresser à chacun de la manière dont il souhaite être abordé, et non de celle que l’on préférerait soi-même. Le manager en fait un usage quotidien, décrit sur la page consacrée à l’adaptation du management à chaque style.

Certains moments se prêtent bien à son introduction : la constitution d’une nouvelle équipe, l’arrivée d’un manager, le rapprochement de deux services, des frictions répétées dans la communication, ou une équipe commerciale qui veut mieux s’adapter à ses clients. D’autres s’y prêtent mal. En plein conflit social ou au milieu d’une réorganisation, la démarche risque d’être perçue comme une diversion, voire comme un outil de tri. Face au problème de performance d’une seule personne, elle ne répond pas à la question posée.

Gardons aussi une certaine humilité : le DISC décrit des préférences de comportement, à partir des réponses de chacun. Il ne dit pas qui est une personne, ni ce qu’elle vaut.

Les étapes d’un déploiement

  1. Définir l’objectif. Quel problème veut-on résoudre, pour quelle population, et à quoi verra-t-on que la démarche a servi ? Une réponse vague (« mieux communiquer ») mérite d’être précisée : des réunions plus courtes, moins de malentendus entre deux services, un meilleur accueil des nouveaux arrivants.
  2. Choisir le questionnaire et l’intervenant. Tous les outils ne se valent pas ; les critères de choix sont détaillés sur la page consacrée à l’outil DISC en équipe et à la façon de le choisir.
  3. Informer avant d’inviter. Expliquer le but, le caractère volontaire de la participation et la règle de confidentialité : chacun reste propriétaire de son rapport. Dans une entreprise française dotée d’un comité social et économique, l’informer en amont évite bien des malentendus sur l’usage des résultats.
  4. Faire passer le questionnaire. Chacun le remplit en ligne, seul et sans pression ; le format et la durée sont présentés sur la page du questionnaire DISC.
  5. Débriefer individuellement. Avec une personne formée à l’outil, pour que chacun distingue ce qui lui ressemble de ce qui dépend du contexte.
  6. Travailler en équipe. Partager ce que chacun veut bien partager, observer la répartition des styles et convenir de quelques règles communes.
  7. Ancrer dans le quotidien. Reprendre le vocabulaire en réunion, dans les entretiens individuels et lors de l’intégration des nouveaux, puis faire un point quelques semaines plus tard.

Les pièges à éviter

  • L’utiliser pour recruter ou évaluer. Le DISC ne sert pas à trier des candidats ni à juger une compétence : il n’a pas été conçu pour cela.
  • Le présenter comme un examen. Parler de « test » sans précaution laisse croire qu’on peut le réussir ou le rater. Il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse, ni bon profil.
  • Le rendre obligatoire ou collecter les rapports. Une démarche imposée produit des réponses prudentes et une méfiance durable.
  • Étiqueter. « C’est un C, il ne comprendra pas » ferme la discussion. On parle de comportements, pas de personnes.
  • Organiser un atelier sans lendemain. Sans suivi, l’effet s’évapore en quelques semaines.
  • Se contenter d’un quiz gratuit et d’un rapport automatique. Utile pour la curiosité, insuffisant pour une équipe.
  • Mélanger les modèles. Le DISC ne descend pas des types psychologiques de Jung, dont s’inspirent d’autres questionnaires. Mêler les grilles embrouille les participants.

Utiliser la méthode DISC dans la vente

La logique qui sert au manager sert aussi au commercial : adapter la forme de l’échange au style du client, sans rien changer à l’offre. Le style se devine à quelques indices observés dès les premiers échanges : le débit de parole, la longueur des messages, la place laissée à la relation, le type de questions posées. Il s’agit d’une hypothèse, que l’on révise dès que le client la contredit.

Face à un client D

Allez droit au but : le résultat attendu, les options, le calendrier. Tenez un rendez-vous court, présentez deux ou trois choix clairs et laissez-le décider. Trop de détails ou de préambules le lassent.

Face à un client I

Faites place à la relation et à la vision : à quoi ressemblera son quotidien avec votre solution, quels exemples concrets d’usage. Laissez-le parler. Confirmez ensuite par écrit les points convenus, car il retient l’élan de la conversation plus que ses détails.

Face à un client S

Prenez le temps d’installer la confiance. Présentez les étapes de mise en œuvre, l’accompagnement prévu, ce qui ne changera pas. Évitez toute pression : il voudra souvent consulter son équipe avant de s’engager.

Face à un client C

Apportez des données, une documentation précise et des réponses exactes. N’exagérez rien, car la moindre approximation entame votre crédibilité. Laissez-lui le temps de comparer et préparez ses questions techniques.

Connaître aussi son propre style

La méthode éclaire enfin le commercial sur lui-même. Un vendeur au style I peut submerger d’enthousiasme un acheteur C qui attendait des chiffres ; un vendeur au style D peut presser un acheteur S qui avait besoin de temps. Adapter son approche n’a rien d’une manipulation : l’offre, le prix et les engagements restent les mêmes, seule la manière de les présenter change.

Passer à l’action : par où commencer ?

Le plus sûr est de commencer petit : une équipe, un objectif clair, des participants volontaires. Si vous portez le projet, passez d’abord le questionnaire vous-même, avec un débriefing : c’est la meilleure façon de comprendre ce que vivront vos collègues. Organisez ensuite le débriefing individuel et l’atelier d’équipe, fixez une date de bilan, puis décidez sur des faits s’il faut étendre la démarche à d’autres équipes.

Un déploiement réussi ne se voit pas dans les rapports, mais dans les échanges : une réunion qui se passe mieux, un désaccord qui se dit sans blesser, un client qui se sent enfin compris.